Histoire de la Résistance : Le premier chef de réseau dans l'Indre était nationaliste


 L'histoire officielle de la Résistance dans notre département a été écrite par des militants politiques à l'instar de la célèbre Georgette Guéguen-Dreyfus. Le parti pris idéologique de ses « historiens » marqués à la gauche extrême a produit un récit profondément trompeur sur cette période fort complexe. De manière simpliste et erronée, ils prétendent que la gauche était résistante et la droite collaboratrice. Étrangement, dans leurs ouvrages, nos « spécialistes » de l'histoire de la Résistance omettent de mentionner que le premier chef de réseau résistant était un militant nationaliste très à droite, le Lieutenant-Colonel Armand Plat.


Officier de la « Coloniale »

Moïse Armand Plat naît le 10 septembre 1882 dans une famille modeste de Veuil, près de Valençay. Il commence sa vie active comme valet de chambre, mais en 1903, à 20 ans, il s’engage comme soldat de 2e classe au 4e Régiment d'Infanterie Coloniale. Son ascension est rapide : sous-officier en 1905, il devient officier en 1911. Il sert à Madagascar (1906-1908, puis 1911-1914) avant d'être envoyé au front lors de la Première Guerre mondiale.
Le 20 septembre 1914, à Moulin-sous-Touvent (Oise), un éclat d'obus lui fracture les os du nez. Le 5 août 1915, il reçoit une première citation pour avoir secouru un blessé sous le feu ennemi. Une deuxième citation et la Croix de Guerre suivent le 18 septembre 1916, après avoir « brillamment mené l'assaut d'une position ennemie », action au cours de laquelle il est grièvement blessé par une grenade. Après un passage en Indochine (1917-1920) et dans l'armée d'occupation en Rhénanie, il finit sa carrière au Liban. Il prend sa retraite en 1933 avec le grade de lieutenant-colonel, à l'âge de 51 ans.


Chef départemental de la « Solidarité Française »

De retour dans l'Indre après une carrière militaire bien remplie, Armand Plat s'installe au numéro 67 de la rue Ledru-Rollin à Châteauroux. Il s'engage alors en politique au sein de la « Solidarité Française » (SF), dont il devient le chef départemental. Cette ligue nationaliste, fondée en juillet 1933 par le parfumeur et industriel François Coty, prône une refonte totale des institutions républicaines. Farouchement anticommuniste et antiparlementaire, la SF défend une république plébiscitaire et autoritaire. Très actifs sur le terrain, ses militants portent fièrement la chemise bleue et le coq gaulois comme emblèmes. Lors des événements tragiques du 6 février 1934, la SF compte 2 morts parmi ses rangs.
Elle est dissoute, comme les autres mouvements nationalistes, le 18 juin 1936 par le gouvernement socialo-communiste du Front populaire. À la suite de cette dissolution, le 17 septembre 1936, alors qu'Armand Plat est absent, des policiers forcent la porte de son domicile et perquisitionnent sa maison sans ménagement, sous le regard de badauds ébahis. Cet épisode tragi-comique lui inspirera plus tard ces mots : « Ma demeure a été violée et perquisitionnée deux fois : d'abord par le Front populaire et ensuite par la Gestapo ».


À la tête d'un groupement départemental « Combat »

Le lieutenant-colonel Armand Plat est un résistant gaulliste de la première heure. Dès l'été 1940, il brave les interdits en écoutant la radio de Londres. Dans ses mémoires, il souligne que son premier acte de résistance fut de refuser d'adhérer à la Légion Française des Combattants créée par le maréchal Pétain, contrairement à la majorité des anciens combattants.
En 1941, les résistants de l'Indre ne sont qu'une poignée. Ils se réunissent chez lui, venus d'horizons divers : Pierre Geynet (Solidarité Française), Pierre Renouvin (Action Française), Louis Chevallier (démocrate-chrétien), Charles Sadron et Paul Bellier (radicaux). Ensemble, ils forment la branche départementale du mouvement « Combat ». Plat en accepte la présidence et son domicile devient le premier quartier général du réseau. Les ordres viennent de Lyon via la direction régionale basée à Clermond-Ferrand. Distribution de journaux clandestins, collecte d'informations sur l'ennemi, mise en place de zones d'atterrissage et de parachutage, le travail ne manque pas et le réseau s'agrandit progressivement.


Rejoindre les FFL (1943)

Le 6 mars 1943, afin d’éviter de voir son fils unique, Jean Plat, partir au STO en Allemagne, Armand Plat décide de quitter Châteauroux pour rejoindre les Forces Françaises Libres (FFL). Avant son départ, il confie la direction de « Combat » à Paul Bellier.
Le père et le fils passent alors par l’Espagne, où ils sont internés dans différentes prisons durant trois mois. Jean Plat finit par rejoindre l’Angleterre, où il obtient son brevet de parachutiste. Il mène ensuite une brillante campagne en France, en Belgique et en Hollande au sein du bataillon Bourgoin. Il termine la guerre décoré de la Croix de guerre et de la Médaille militaire.
De son côté, Armand Plat rejoint Alger, où son âge lui interdit, malgré sa volonté, de participer aux combats en métropole. Pour ses faits de résistance, il est promu Commandeur de la Légion d’Honneur le 30 décembre 1948.


L'illusion de l'union (1945)

Aveuglé par la joie de la Libération et n’ayant pas connu le terrible été 1944 dans l’Indre, Armand Plat se fait élire conseiller municipal sur une liste d’union menée par les communistes à Châteauroux. Prenant son rôle au sérieux, il formule de nombreuses propositions pour améliorer la vie des Castelroussins.
Hélas, pour le maire communiste Pierre Gaultier, le lieutenant-colonel n’a été qu’un faire-valoir électoral. Toutes ses propositions sont systématiquement rejetées. L’ancienne « chemise bleue » aurait pourtant dû savoir qu’il n’y a guère de place pour le débat au sein d’une assemblée communiste : le parti décide, les membres exécutent. Dès lors, Armand Plat cesse d’assister aux réunions du conseil municipal.


La reconnaissance de l'Académie française

Après-guerre, Armand Plat publie plusieurs ouvrages, dont Le testament patriotique, politique et social d'un résistant et Deux Français libres sur les traces de Paul Déroulède. Ce dernier ouvrage lui vaut, en 1961, le prix André Jullien du Breuil de l'Académie française, récompensant une œuvre sur la Résistance.


L'héritage de Paul Déroulède

En 1965, Armand Plat écrit : « C’est à Paul Déroulède que je dois ce qu’il m’a été possible de faire de bien pour mon pays. » Paul Déroulède, héros de la guerre de 1870 contre les Prussiens et poète, est le père du nationalisme français. Moins doctrinaire que Maurice Barrès ou Charles Maurras, il incarne un nationalisme viscéral, refusant la défaite et le démembrement de la France consécutifs à la perte de l’Alsace-Lorraine.
Animé d’un esprit de revanche à l’égard de la Prusse, puis de l’Allemagne, il appelle à la constitution d’une France forte afin de récupérer les provinces perdues. Il préconise une république plébiscitaire dotée d’un exécutif fort.
Armand Plat voit dans les institutions de la Ve République naissante — en particulier l’élection du président au suffrage universel et la prééminence du pouvoir exécutif — une victoire posthume de son maître à penser. Sa dévotion le conduit même à demander au président Charles de Gaulle le transfert de ses cendres au Panthéon, requête qui lui est officiellement refusée au nom de la réconciliation franco-allemande.


Armand Plat s'éteint le 28 juillet 1966 à l'Hôpital du Val de Grâce à Paris à l'âge de 83 ans.







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