Affaire Mis et Thiennot : le mythe s'effondre


La décision implacable de la Cour de révision du 2 juillet 2026 a mis un terme définitif à près de cinq décennies de battage médiatique inapproprié. Contrairement à la légende forgée par la propagande politique, Raymond Mis et Gabriel Thiennot étaient bien coupables du meurtre du garde-chasse Louis Boistard en 1946. Retour sur une mystification idéologique dont l'heure des comptes a sonné, notamment pour les municipalités compromises.


La vérité judiciaire rétablie : la fin d'un roman médiatique

C'est un soufflé qui retombe définitivement, terrassé par la rigueur du réel. Le 2 juillet 2026, la Cour de révision a tranché en refusant d'annuler les condamnations prononcées à l'encontre de Raymond Mis et Gabriel Thiennot.

Alors que les militants du comité de soutien espéraient un ultime coup d'éclat pour acter une réhabilitation posthume, les treize magistrats de la haute juridiction ont opposé une fin de non-recevoir implacable. En dépit de décennies de pressions médiatiques, de basses manœuvres politiques, de deux lois ad hoc et de l'annulation formelle de certains procès-verbaux, la Cour a rappelé une évidence que les faits n'ont jamais cessé de crier : l'ensemble des charges résiduelles suffit amplement à justifier la culpabilité des deux hommes.

Pendant près de quatre-vingts ans, l'institution judiciaire a été traînée dans la boue par des activistes obstinés et une certaine presse sans scrupule. Pourtant, par trois fois, en 1947, 1948 et 1950, des cours d'assises successives avaient prononcé des condamnations sans aucun doute possible. Les faits sont têtus : le 29 décembre 1946, le garde-chasse Louis Boistard a bien été lâchement abattu de quatre coups de fusil près d'un étang de la Brenne par deux jeunes chasseurs avinés. Les jeunes assassins savaient ce qu'ils faisaient, et les tribunaux populaires de l'époque, loin d'une machination capitaliste, les avaient reconnus coupables.


La fabrique d'un mythe : de La Marseillaise à Léandre Boizeau

Comment une affaire criminelle de droit commun, jugée et rejugée par des jurys populaires, a-t-elle pu se transformer en une prétendue « erreur judiciaire » comparable à l'affaire Dreyfus ? La réponse relève de l'histoire de la propagande politique.

Le mythe de l'innocence des deux chasseurs trouve ses racines immédiates dans les colonnes du journal communiste La Marseillaise. Dans l'après-guerre, le Parti communiste français cherchait des martyrs et des figures à opposer à l'appareil d'État. L'exploitation de ce fait divers s'inscrivait dans une stratégie globale de défiance envers l'institution judiciaire.

Cette construction idéologique a ensuite été judicieusement remise au goût du jour en 1980 par Léandre Boizeau avec un livre intitulé : *Mis et Thiennot – Ils sont innocents*. Nous sommes au moment du grand élan unitaire de la gauche qui devait porter François Mitterrand et ses alliés au pouvoir. En produisant un roman politique régionaliste au bon moment, l'habile Léandre Boizeau a fait main basse sur le régionalisme berrichon et s'est assuré d'une belle clientèle jusqu'à sa retraite, clientèle qu'il a généreusement transmise à son fils depuis.

À force de marteler le mensonge selon lequel deux « pauvres innocents persécutés » avaient été broyés par la machine judiciaire « à la solde des puissants », une grande partie de l'opinion publique locale a fini par gober la fable. Une imposture politique érigée en dogme, soigneusement entretenue par des réseaux d'influence prompts à réécrire l'histoire.


L'heure des comptes pour les maires : l'obligation de débaptiser

Cette décision de la Cour de révision du 2 juillet 2026 va avoir des répercussions immédiates et concrètes dans l'espace public. Dans le Berry, ce ne sont pas moins de 31 communes qui, au fil des décennies, ont pris la liberté d'attribuer des noms de rues, de places ou de bâtiments municipaux à Raymond Mis et Gabriel Thiennot.

Ces choix urbanistiques, dictés soit par une motivation idéologique coupable, soit par un calcul électoraliste misérable visant à cajoler un électorat militant, constituent aujourd'hui une insulte à la mémoire de la victime, le garde-chasse Louis Boistard, et un déni de justice caractérisé.

La vérité judiciaire étant désormais scellée de manière indubitable, la situation ubuesque de ces toponymes devient intenable. Tous les maires qui ont eu la faiblesse d'honorer des assassins et de propager une supercherie historique vont devoir prendre leurs responsabilités et débaptiser sans délai ces rues et espaces publics.

Les avocats de la famille Boistard et l'association Vérité pour le 29 décembre 1946 ont prévenu qu'ils allaient veiller au changement de nom de tous les espaces publics portant le patronyme des deux condamnés. La République n'a pas à offrir pignon sur rue au complotisme et au révisionnisme. Le temps du roman de gare lucratif est révolu. Place maintenant au respect dû au mort et à sa famille.

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