Le théâtre cinématographique l’Apollo et son magnifique balcon sont bien connus à Châteauroux, contrairement à son architecte, Octave Hélan. Pourtant, ce bâtisseur castelroussin a laissé son empreinte dans bien des rues de la préfecture berrichonne…
Un architecte discret mais prolifique
Octave Hélan est né le 19 avril 1875, au début de la IIIᵉ République. Son père, Pierre Généreux Hélan, est artisan chapelier à Déols, route d’Issoudun. La famille appartient à la petite bourgeoisie urbaine.
Après des études élémentaires et secondaires, Octave devient dessinateur industriel dans un cabinet d’architecte à Châteauroux. Le 2 octobre 1897, il épouse Ernestine Bonnet, qui lui donnera deux garçons : Robert et André. Il gravit progressivement les échelons : architecte salarié en 1903, il ouvre en 1911 son propre cabinet au 31, rue Lamartine, à Châteauroux.
N’étant ni architecte départemental ni municipal, il n’a pas accès aux commandes publiques comme les Dauvergne ou Suard. Sa clientèle reste privée, issue de la bourgeoisie locale. On retrouve ainsi un peu partout dans Châteauroux des maisons signées Octave Hélan. Certaines sont relativement sobres, d’autres plus richement décorées, comme celle du 5, avenue Marcel-Lemoine.
L’Apollo, un théâtre parisien à Châteauroux
En 1918, un riche bijoutier castelroussin, Maurice Brimbal, demande à Octave Hélan de concevoir un théâtre cinématographique semblable à ceux de Paris. L’établissement doit proposer à son public, alternativement, des projections sur grand écran (actualités, courts métrages, réclames, etc.) mais aussi des pièces de théâtre, des comédies musicales, des numéros de magie ou encore des revues — genre théâtral mêlant musique, danse et sketches satiriques — très prisées à l’époque. Une première pour une petite préfecture comme Châteauroux !
Le 11 septembre 1920, une foule nombreuse se presse pour l’ouverture de l’Apollo, rue Albert-1er. Octave Hélan livre alors un magnifique édifice en béton armé, avec une façade en pierre taillée de Chauvigny, alliant tradition et modernité. De larges baies vitrées, un hall d’accueil, des salons de réception, une confortable scène dotée d’une arrière-scène avec toute la machinerie moderne, une fosse d’orchestre, un parterre et un vaste balcon avec loges : l’Apollo pouvait accueillir jusqu’à mille personnes à son inauguration.
Cent ans plus tard, le « théâtre parisien » a beaucoup perdu de sa superbe, mais il demeure un monument incontournable de la ville.
Le premier immeuble HBM de Châteauroux
Les « habitations à bon marché » (HBM), ancêtres des logements sociaux (HLM), apparaissent avec la loi Siegfried du 30 novembre 1894. Ce texte instaure officiellement l’appellation HBM et encourage la construction de logements accessibles en prévoyant, pour leurs promoteurs, un avantage fiscal destiné à en réduire le coût.
En 1935, la société HBM de l’Indre confie au cabinet d’Octave Hélan la construction de son premier immeuble collectif. Achevé en 1937, il s’agit d’un édifice de six logements, doté d’une belle façade et de tout le confort moderne de l’époque. Situé au 19, rue des Soupirs, il porte encore sur son fronton le logo de la société HBM. Aujourd’hui, cet immeuble locatif appartient à la société Scalis.
Expert auprès du tribunal de Châteauroux
Nous savons peu de choses de l’activité d’expert immobilier exercée par Octave Hélan. Son papier à lettres officiel mentionnait toutefois cette spécialité, et une correspondance retrouvée aux archives municipales le confirme. Dans cette lettre datée de 1924, on apprend qu’il est mandaté comme expert dans une affaire opposant la municipalité de Châteauroux à son architecte municipal, Louis Suard. Nous n’en savons pas davantage, les archives professionnelles d’Octave Hélan n’ayant pas été conservées.
Une passion pour la musique
Octave Hélan nourrit une grande passion pour la musique. De 1936 jusqu’à sa mort en 1944, il est président de l’Harmonie municipale de Châteauroux. Cette société musicale est à la fois un orchestre et une école de musique. Elle donne de nombreux concerts tout au long de l’année, dans différents lieux de la ville : au kiosque du jardin public, à l’auditorium du centre social de la rue de la République, etc.
Toute la famille Hélan vit au rythme de l’Harmonie municipale : ses deux fils Robert et André en sont musiciens, tout comme son petit-fils Claude. Robert Hélan en devient même le directeur en 1945, après le décès de son père.


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