Comment le désastre démographique raye de la carte nos écoles rurales


Tous les ans, le même triste spectacle se répète. Des parents et des élus locaux se lamentent sur la fermeture imminente d'une classe ou d'une école. Leurs mobilisations et manifestations font les choux gras de la presse locale, mais le résultat est implacable : le rectorat supprime malgré tout des postes, et la carte scolaire se réduit encore. Chaque maire de commune rurale sait pertinemment qu'une école fermée ne rouvrira plus. Tout doucement, notre département se meurt, et cela ne semble pas préoccuper outre mesure nos responsables politiques.


Les faits sont têtus

Pour comprendre la situation, il faut rappeler une évidence que beaucoup veulent ignorer : pour que nos écoles vivent, encore faut-il qu'il y ait des enfants à y inscrire. Les retraités, si nombreux dans notre département, ne vont plus à l'école. Si le rectorat ferme des classes et des écoles, c'est parce que les enfants sont trop peu nombreux.

Dans une étude de l'INSEE parue en septembre dernier, on apprend que les mineurs de moins de 18 ans représentent à peine 20 % de la population départementale. D'après les projections, leur nombre de 41 000 devrait encore chuter d'ici 2040, pour tomber à environ 35 000.

Selon les syndicats d'enseignants, les écoles primaires et maternelles perdront encore 419 élèves à la rentrée prochaine. Le véritable problème des fermetures de classes, c'est la disparition progressive de notre jeunesse.


Des syndicats à côté de la plaque

Chaque année, les syndicats d'enseignants poussent des cris d'orfraie contre les fermetures de classes, mais ne proposent strictement rien pour répondre au problème de fond : la catastrophe démographique. Pire encore, ils préfèrent euphémiser la situation en utilisant le terme sibyllin de « déprise démographique » et regardent ailleurs.

Ces syndicalistes exigent du rectorat qu'il ne supprime aucun poste et qu'il en crée de nouveaux, malgré la baisse constante du nombre d'élèves. Ces militants politisés ne voient pas dans cette crise une menace pour leur emploi, mais une opportunité pour obtenir des classes à effectifs réduits et donc travailler moins. Pathétique.


L'échec des responsables politiques

L'INSEE classe l'Indre à la 89ᵉ place des départements en termes de population jeune, autrement dit en queue de peloton. De fait, ni les maires de Châteauroux, Issoudun, La Châtre, Le Blanc, Argenton-sur-Creuse ou Buzançais, ni le président du Conseil départemental n'ont réussi à endiguer l'effondrement démographique. Dès lors, leur indignation face aux fermetures de classes sonne creux.

Leur inefficacité pose question. Sont-ils incompétents ou cyniques ? Une chose est certaine : nos élus locaux ne sont pas à la hauteur des enjeux existentiels de notre département.


Sortir du déni idéologique

Un redressement démographique ne pourra advenir sans un sursaut citoyen. Certes, il existe une batterie de mesures concrètes pouvant être mises en place rapidement pour revitaliser la natalité et aider les jeunes couples à fonder une famille : crèches et cantines gratuites, prime à la naissance, salaire parental, etc. Mais encore faut-il sortir des carcans idéologiques « woke » et « soixante-huitard »qui s’acharnent à déconstruire la famille traditionnelle.

Or, cette dernière – avec un père, une mère et « beaucoup d'enfants » – demeure le socle de toute société, de toute civilisation. Elle doit être valorisée dans le discours public, sans que cela n'empêche certains de faire d'autres choix.


Le réarmement ou le remplacement

À l'heure des grands bouleversements mondiaux, l'Indre ne pourra pas se dépeupler indéfiniment. La nature a horreur du vide. Deux options s’offrent à nous : soit un « réarmement démographique » est mis en place grâce à une politique volontariste et éclairée, soit les migrations venues d'Afrique et d'Asie apporteront les enfants que les Indriens ne font plus.

Les chiffres sont implacables : soit les Français se réveillent pour écrire la suite de leur histoire, soit ils laisseront leur place à d'autres peuples, plus dynamiques, plus natalistes.

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